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Faillite de Lehman Brothers en 2008 : c'est "d'abord la crise de la finance anglo-saxonne", selon le DG du Trésor français de l'époque
information fournie par Boursorama avec Media Services 11/09/2023 à 08:48

Le coup de tonnerre provoqué par la faillite de Lehman Brothers n'est pas dû au fait qu'une banque soit en difficulté, mais que le Trésor américain renonce à la soutenir pour des raisons idéologiques.

( AFP / NICHOLAS ROBERTS )

( AFP / NICHOLAS ROBERTS )

Le 15 septembre 2008, les autorités américaines laissaient la banque Lehman Brothers faire faillite, provoquant un séisme et "un véritable changement de paradigme". L'événement illustrait "d'abord la crise de la finance anglo-saxonne", a déclaré dimanche 10 septembre dans une interview à l' AFP Xavier Musca, actuel directeur général délégué de Crédit Agricole et directeur général du Trésor français au moment de la crise.

Quel regard portez-vous aujourd'hui sur la faillite de Lehman Brothers ?

"C'est d'abord la crise de la finance anglo-saxonne, c'est-à-dire d' un système où il était considéré qu'il ne fallait pas mettre trop de contraintes sur le secteur financier pour permettre le développement de celui-ci et la croissance de l'activité économique. Mais les premières manifestations de la crise des subprimes remontent à 2007, bien avant Lehman Brothers. Il y a à l'époque toute une série de banques américaines qui sont en difficulté, comme Bear Stearns qui oblige les autorités à intervenir en avril 2008.

Le véritable changement de paradigme provoqué par la faillite de Lehman Brothers n'est donc pas qu'une banque soit en difficulté, mais que le Trésor américain renonce à la soutenir pour des raisons idéologiques. Jusque-là on pouvait avoir le sentiment qu'il y avait un pilote dans l'avion. Mais l'idée que toute banque peut désormais faire faillite provoque une panique financière. Tout le monde se méfie de tout le monde et la liquidité interbancaire cesse de circuler."

Dans ce contexte, comment rétablir la confiance ?

"Le président de l'époque, Nicolas Sarkozy, lors d'un meeting à Toulon, assure aux Français qu'ils ne perdront pas un euro de leurs dépôts au cours de cette crise . Ceci est très important puisqu'on commençait à constater une amorce de retrait de fonds par les clients, qui naturellement s'inquiétaient.

Mais ce n'est pas suffisant. Il faut rétablir la liquidité pour les banques et, simultanément, rassurer sur leur niveau de fonds propres, donc leur fournir de l'argent. À ce moment-là, l'objectif de la France, qui préside le Conseil européen et le Conseil des ministres européens de l'Économie et des Finances, est d'essayer de bâtir un plan européen homogène. Celui-ci, acté le 12 octobre 2008, se compose de deux volets. D'un côté, chacun des États garantit les émissions réalisées par les banques pour lever de la liquidité. De l'autre, les États fournissent aux banques des capitaux propres de manière transitoire pour rassurer les marchés et pour leur permettre de se restructurer de manière ordonnée."

Les récentes faillites bancaires sont-elles la démonstration de l'échec de la régulation ?

"Non, je ne pense pas. En 2008, le G20 pousse à l'adoption de règles beaucoup plus exigeantes sur l'ensemble du secteur bancaire mondial. Cette régulation a été appliquée de manière un peu différente entre l'Europe et les États-Unis mais l'esprit général était globalement le même.

Puis arrive Donald Trump qui décide d'exempter les banques américaines les plus petites, c'est-à-dire toutes les banques américaines sauf les 13 plus grosses. Donc ce qu'il s'est passé avec les banques américaines n'est pas la preuve que nous ne sommes pas allés assez loin, c'est simplement la preuve qu'il ne fallait pas revenir en arrière.

Car l'un des risques, effectivement, c'est le retour en arrière. À intervalles réguliers, on entend telle ou telle juridiction évoquer cette possibilité. Cela a été le cas au moment de l'ère Trump et à un moment donné aussi au Royaume-Uni, même si je crois que le projet a été abandonné.

Quant à Credit Suisse, une série de déboires avait fondamentalement entaché la crédibilité de l'établissement. Ce n'est donc pas tant un problème de régulation qu'un problème de confiance. J'ajoute que ces deux situations montrent qu'un certain nombre de leçons ont été tirées de la faillite de Lehman Brothers: les autorités suisses comme les autorités américaines ont tout de suite essayé de trouver une solution".

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